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1 % artistique commande publique

Le 1 % artistique : comment ça marche, et comment un atelier y répond

Par Laurence, atelier Tout en céramique

Le 1 % artistique consacre 1 % du coût d’une construction publique à une œuvre d’art. Qui est concerné, comment se déroule la procédure, ce que contient un bon dossier d’artiste.

Décor en céramique émaillée intégré à un bâtiment, dans l’esprit des œuvres du 1 % artistique
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Les pièces de cet article

Un maire découvre la ligne dans le plan de financement de son groupe scolaire : « 1 % artistique ». Un architecte se demande à quel moment il doit en parler. Un artisan d’art se dit qu’il n’a sûrement pas le bon profil. Voici comment fonctionne réellement ce dispositif, ce qu’il attend de chacun, et ce que nous y apportons en tant qu’atelier de céramique peinte à la main.

Un dispositif né en 1951

Façade complète ou ravalement décoratif en céramique émaillée à la main
L’idée en photo Façade complète ou ravalement décoratif « Sur devis » Voir cette pièce ›

Le « 1 % artistique » est l’un des plus anciens outils de soutien à la création en France. Le principe est resté d’une simplicité remarquable : quand la puissance publique construit, elle consacre 1 % du coût des travaux à une œuvre d’art conçue pour le bâtiment.

Trois idées, toujours d’actualité :

  • L’œuvre est intégrée, pas rapportée. Elle est pensée pour ce bâtiment-là, ce hall-là, ce préau-là. Ce n’est pas un tableau accroché après coup.
  • Elle est commandée à un artiste vivant. Le dispositif finance la création contemporaine, pas l’acquisition d’un fonds existant.
  • Elle appartient au lieu et à ses usagers. Des générations d’élèves passeront devant.

Le cadre est aujourd’hui codifié au code de la commande publique. Il s’applique aux constructions et extensions de bâtiments publics : écoles, collèges, lycées, médiathèques, gymnases, mairies, salles polyvalentes, établissements de santé et de formation.

Qui décide, et quand

Frise de façade au mètre linéaire en céramique émaillée à la main
L’idée en photo Frise de façade au mètre linéaire « dès 1 500 €/m² » Voir cette pièce ›

Le porteur est le maître d’ouvrage public : commune, intercommunalité, département, région, État, établissement public. C’est lui qui lance la procédure, la finance et devient propriétaire de l’œuvre.

Dans les faits, c’est très souvent l’architecte du projet qui alerte le maître d’ouvrage, au moment de l’esquisse ou de l’avant-projet. C’est le bon moment : plus l’obligation est intégrée tôt, plus l’œuvre peut s’inscrire dans le bâti, sur un mur pensé pour elle, plutôt que de se poser sur ce qui reste à la fin.

Le calcul de l’enveloppe est proportionnel : 1 % du coût prévisionnel des travaux. Elle couvre tout, conception, fabrication, transport, installation, rémunération de l’artiste et frais de publicité de la consultation. Les seuils, les modalités de publicité et la composition du comité artistique dépendent du montant et du maître d’ouvrage. Le bon réflexe est d’appeler le conseiller de la DRAC de votre région : c’est son métier de caler ces points, et ce conseil est gratuit.

Le comité artistique, cœur de la procédure

Médaillon de restitution de décor ancien en céramique émaillée à la main
L’idée en photo Médaillon de restitution de décor ancien « Sur devis » Voir cette pièce ›

Une fois la procédure lancée, un comité artistique est constitué. Il réunit typiquement le maître d’ouvrage, l’architecte du projet, des représentants des usagers, un représentant de la direction régionale des affaires culturelles et des personnalités qualifiées du monde de l’art.

Son travail se déroule en deux temps :

  1. Il définit le programme de la commande : quel emplacement, quelles intentions, quelles contraintes techniques, quel budget, quel calendrier.
  2. Il sélectionne l’artiste, souvent en deux tours : une présélection sur dossier, puis des projets détaillés remis par les artistes retenus, qui sont indemnisés pour ce travail.

Ce que ce comité cherche, dans notre expérience de candidat : une œuvre qui parle du lieu et non de l’artiste, qui tient techniquement dans un bâtiment public traversé par des centaines de personnes par jour, et qui tient dans l’enveloppe, calendrier compris.

Ce que contient un dossier qui se défend

Plaque d’école personnalisée en céramique émaillée à la main
L’idée en photo Plaque d’école personnalisée « dès 390 € » Voir cette pièce ›

Un dossier de candidature au 1 % artistique n’est pas un book. Voici ce que nous y mettons, et pourquoi.

Une note d’intention ancrée. Pas une déclaration esthétique générale, mais ce que raconte ce lieu précis : l’histoire de la commune, un métier disparu, une rivière, un motif du bâti local. Un comité repère en trois lignes si l’artiste s’est déplacé ou non.

Une maquette de l’œuvre. Chez nous, elle est peinte à la main, pas simulée. C’est ce qui permet à des élus non spécialistes de se projeter, et c’est souvent ce qui emporte la décision.

Un principe technique et de pose. Nature des pièces, calepinage, mode de fixation, support requis, interface avec l’entreprise de gros œuvre. Un comité qui a déjà vécu un chantier compliqué est très sensible à cette page.

Un budget détaillé qui tient dans l’enveloppe. Sans dépassement, sans « à préciser ». Un budget qui déborde disqualifie plus sûrement qu’un projet moins spectaculaire.

Un calendrier compatible avec le chantier. Une œuvre livrée trois semaines après l’inauguration est un problème politique. Nous indiquons nos délais de fabrication réels et nos jalons de livraison, par panneaux si nécessaire.

Des références vérifiables. Notre atelier a reçu le Premier Prix du Ravalement de la Ville de Versailles 2025, catégorie Restitution de décors. C’est une distinction publique, qui se vérifie, et c’est exactement ce qu’un comité attend : quelque chose de contrôlable.

Pourquoi la céramique convient bien aux bâtiments publics

Plaque de cabinet médical ou paramédical en céramique émaillée à la main
L’idée en photo Plaque de cabinet médical ou paramédical « 250 € » Voir cette pièce ›

Ce n’est pas un hasard si tant d’œuvres du 1 % sont en céramique, en mosaïque ou en béton gravé. Un bâtiment public impose des contraintes qu’une toile ne supporte pas.

  • L’entretien. Un émail cuit au feu se lave d’un coup d’éponge. Dans un hall d’école, c’est décisif.
  • La tenue du décor. Le motif est pris dans la masse de l’émail, il n’est pas imprimé en surface : il ne s’écaille pas au frottement des cartables.
  • La lecture à toutes les échelles. Une fresque céramique se lit de loin par ses masses colorées et de près par son détail. Les enfants la regardent pendant des années : il faut qu’elle tienne les deux distances.
  • La filiation. La céramique architecturale fait partie du répertoire français, du métro parisien aux grands décors des équipements publics. Cela parle aux architectes comme aux comités.

Nous intervenons sur des décors muraux et de façade, des frises et bandeaux, des médaillons et des plaques d’établissement, en intérieur comme en extérieur.

Associer les usagers, sans en faire un gadget

Plaque de profession libérale en céramique émaillée à la main
L’idée en photo Plaque de profession libérale « 250 € » Voir cette pièce ›

Sur un groupe scolaire, la question revient toujours : peut-on faire participer les enfants ? Oui, à condition que ce soit un vrai geste et non une opération de communication.

Ce qui fonctionne : des ateliers de dessin avec les classes en amont, dont l’artiste tire un vocabulaire de motifs, qu’il compose ensuite en une œuvre cohérente et qu’il peint lui-même. Les enfants reconnaissent leur trait dans le décor, sans que l’œuvre soit un patchwork.

Ce qui fonctionne moins bien : faire peindre les carreaux par les enfants eux-mêmes. Le résultat vieillit mal, et la responsabilité artistique se dilue. Nous préférons dire les choses franchement au comité dès le dossier.

Vous portez un projet ?

Plaque d’entreprise ou de société en céramique émaillée à la main
L’idée en photo Plaque d’entreprise ou de société « 290 € » Voir cette pièce ›

Si votre opération est concernée, le meilleur moment pour nous parler est l’esquisse, avant que les surfaces soient figées. Décrivez-nous le bâtiment, son programme, son calendrier et l’enveloppe si vous la connaissez, via le formulaire ou notre page dédiée au 1 % artistique en céramique. Nous vous répondons avec une intention artistique et une maquette peinte à la main.

Pour aller plus loin : notre page architectes et patrimoine, le guide de la céramique architecturale, et l’exemple d’une fresque d’école participative.

Pour aller plus loin, découvrez toutes nos idées : Professionnels.

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Bon à savoir

Foire aux questions

Qu’est-ce que le 1 % artistique ?

C’est une obligation de commande publique, née en 1951 et aujourd’hui codifiée au code de la commande publique : lors de la construction ou de l’extension d’un bâtiment public, le maître d’ouvrage doit consacrer 1 % du coût prévisionnel des travaux à la commande d’une ou plusieurs œuvres d’art intégrées au bâtiment. L’œuvre est conçue pour le lieu, elle n’est pas achetée sur catalogue.

Qui est concerné par le 1 % artistique ?

Les maîtres d’ouvrage publics : communes, intercommunalités, départements, régions, État et établissements publics, lors d’une construction ou d’une extension de bâtiment public. Les cas les plus fréquents sont les écoles, collèges et lycées, les médiathèques, les gymnases, les mairies, les salles polyvalentes et les établissements de santé.

Comment se calcule l’enveloppe du 1 % artistique ?

Elle correspond à 1 % du coût prévisionnel des travaux de l’opération. Elle couvre la conception, la réalisation, le transport et l’installation de l’œuvre, ainsi que la rémunération de l’artiste et les frais de publicité de la consultation. Les seuils, les modalités de publicité et la composition du comité artistique dépendent du montant et du type de maître d’ouvrage : le conseiller de votre DRAC est l’interlocuteur qui les précise.

Comment un artisan d’art ou un atelier répond-il à une consultation du 1 % ?

En remettant un dossier artistique : une note d’intention ancrée dans le lieu et son histoire, une maquette de l’œuvre, un principe technique et de pose, un budget détaillé qui tient dans l’enveloppe annoncée, un calendrier compatible avec le chantier, et des références vérifiables. Le comité artistique juge sur ces pièces.

Peut-on associer les usagers, par exemple les élèves d’une école ?

Oui, et c’est souvent apprécié des comités. Sur un groupe scolaire, des ateliers de dessin avec les classes peuvent nourrir l’œuvre, que l’artiste transpose ensuite en céramique émaillée. L’établissement garde une pièce qui lui appartient vraiment, et la démarche se documente pour le dossier de l’opération.

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