frise céramique façade 1900
Décors de façade en céramique : ce que racontent les frises de 1900
Boulenger, Perrusson : d'où viennent les frises en céramique des façades françaises, comment elles étaient fabriquées, et comment on en dessine aujourd'hui.
Les pièces de cet article
Levez la tête dans une rue de meulières, à Nogent, à Enghien ou dans un vieux quartier de province : il y a de fortes chances qu’une frise en céramique court sous la corniche ou sous les fenêtres. Fleurs stylisées, entrelacs, cabochons colorés. Personne ne les regarde vraiment, et elles sont pourtant là depuis plus de cent ans. Voici d’où elles viennent, et comment on en dessine encore aujourd’hui.
Les manufactures qui ont décoré les façades françaises
Au tournant du XXe siècle, la céramique architecturale est une industrie. Deux noms reviennent sans cesse quand on gratte un peu.
Boulenger, à Choisy-le-Roi, fournit les frises, les cabochons et les panneaux qu’on retrouve sur des milliers de façades de la banlieue parisienne. Perrusson, à Écuisses en Saône-et-Loire, joue dans le même registre avec un catalogue de motifs propres. Autour d’eux gravitent d’autres ateliers dont les noms se sont perdus, et dont il ne reste que le travail, accroché aux murs.
Ces décors n’étaient pas un luxe rare : ils faisaient partie du programme de construction, au même titre que la ferronnerie du balcon. Une maison de ville qui se respectait avait sa frise. Nous racontons cette histoire plus longuement dans notre article sur les manufactures disparues.
Comment se fabrique un décor de façade
Le principe n’a pas bougé depuis ces aînées. La terre est façonnée, le motif est peint à la main, la pièce est émaillée puis cuite au feu.
Ce qui compte, c’est l’ordre des opérations : le décor est pris sous l’émail, pas posé dessus. C’est ce qui donne cette profondeur de couleur qu’aucune impression ne reproduit, et ces variations de touche là où le pinceau a chargé. Regardez une frise ancienne de près : deux motifs voisins ne sont jamais tout à fait identiques. C’est la main qui parle.
À l’inverse, le carreau de ciment, qu’on confond souvent avec la céramique sur photo, n’est pas cuit : c’est un mortier compressé, teinté dans la masse. Même charme rétro, deux fabrications qui n’ont rien à voir. Nous les avons comparés honnêtement dans carreaux de ciment ou céramique.
Redessiner un décor pour une façade d’aujourd’hui
C’est la partie du métier que nous préférons. À partir d’une photo de la façade, parfois d’une photo d’époque quand la famille en a gardé une, Laurence Brecher redessine un motif qui va avec le bâti : la couleur des volets, le dessin de la ferronnerie, l’époque de la maison.
La frise de maison sur mesure, dès 450 €, court le long de la façade ou entre les étages. La frise dessous de fenêtre, dès 200 €, habille les allèges, ce pan de mur sous la fenêtre dont nous parlons dans notre article sur la frise sous fenêtre. Pour voir ce que ça change sur une maison, les avant/après de la landing frise parlent d’eux-mêmes, et notre guide complet de la frise de façade détaille motifs et emplacements.
C’est ce travail de restitution qui a valu à l’atelier le Prix du Ravalement de la Ville de Versailles 2025, catégorie Restitution de décors.
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